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Dictée de phrase quotidienne
Article mis en ligne le 3 avril 2019

par Caroline Bruggeman

NB : Ce descriptif accompagne un document vidéo, capté en classe de 3e à visionner conjointement.

Objectifs pédagogiques et compétences visées

Ce rituel a pour objectif la révision de nombreux points d’orthographe et la création d’automatismes. Il a en effet pour but de lever des malentendus sur l’orthographe, non affaire de talent inné, mais de raisonnement : ce sont les principaux raisonnements orthographiques qui sont réitérés à chaque fois, et c’est cette réitération qui se transforme en automatisme.

La principale compétence visée est la consolidation de l’orthographe lexicale et grammaticale.

Descriptif sommaire

Dictée quotidienne d’une courte phrase portant sur la révision notamment d’un point d’orthographe grammaticale, suivie d’une relecture, d’une correction orale puis écrite. Cet exercice ne doit pas excéder cinq ou six minutes : une à deux minutes pour la dictée et la relecture personnelle, deux minutes environ d’interrogation orale, une minute de correction écrite finale.

Descriptif détaillé

A chaque début de cours, le professeur dicte une phrase portant sur la révision d’un point d’orthographe grammaticale (idéalement, les phrases de la semaine, de difficulté croissante, portent sur le même point, qui change lors de la semaine suivante ; l’objectif est de créer une progression sur l’année, tout en reprenant régulièrement des cas déjà vus).

Après un court temps de réflexion des élèves où le professeur les amène à se pencher notamment sur les natures des mots et leurs accords, ce dernier leur demande de prendre un stylo vert et interroge à l’oral différents élèves sur leur façon de rédiger les mots porteurs de difficultés. Chaque choix orthographique est systématiquement justifié par un raisonnement, chaque erreur expliquée.

Une fois les principales difficultés abordées, le professeur projette la phrase complète au tableau pour une auto-correction finale des élèves et leur demande s’il reste des erreurs inexpliquées, reprises dans ce cas.

Début de progression possible, avec un exemple de phrase pour débuter la semaine :

    • semaine 1 : homophones (a/à, et/est, on/ont)
    • → « Chaque année, à la même période, on dénombre plus d’accidents et de blessés. »
    • semaine 2 : homophones (son/sont, sa/ça, se/ce)
    • → «  Les élèves sont mécontents ; ils se plaignent car ils trouvent ça injuste. »
    • semaine 3 : homophones (s’est/c’est/ces/ses/sait)
    • → « Il sait que ses résultats progresseront ; c’est seulement une question de temps. »
    • semaine 4 : accords du groupe nominal
    • → « Les éléphants imposants et terrifiants inspiraient une admiration réelle. »
    • semaine 5 : accords verbaux
    • → « Sur la branche se posaient de nombreux oiseaux qui chantaient en permanence. »

Limites et perspectives

Enfin, cet entraînement quotidien s’inscrit dans une réflexion sur l’orthographe menée par ailleurs tout au long de l’année via d’autres types d’exercices, en entraînement puis lors d’évaluations.

Les bénéfices de cet exercice sont nombreux :

  • il permet aux élèves de se mettre au calme et au travail dès le début du cours
  • il facilite l’acquisition, par la pratique répétitive et la justification systématique, par un raisonnement, d’automatismes orthographiques
  • face au manque de lexique des élèves, il est aussi l’occasion de nombreuses incitations à la lecture pour enrichir leur vocabulaire !
    Deux limites sont apparues dans cette expérimentation sur une année :
  • le risque de passer plus de temps que prévu sur une accumulation de difficultés au sein d’une même phrase : le choix initial d’une phrase courte est donc déterminant, car il ne faut pas que ce rituel empiète sur le cours initialement prévu.
  • les difficultés persistantes de certains élèves qui, malgré des progrès dans leur raisonnement, ne vont pas jusqu’à l’automatisation : ils auront besoin d’aide ou de plus temps.

Caroline Bruggeman, collège de Saint André de Corcy, dans l’Ain.